Les amis normands vont en Australie et rencontrent
Fabrice VIRGILI

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Fabrice VIRGILI
Savez-vous qu'il existe des analogies
entre le kangourou
et les adhérents de l'ANEG ?


Le kangourou est un marsupial de la famille des macropodidés.
Là, tout est dit, mais vous allez me demander, j'en suis certain,
quelques éclaircissements épistolaires.


Le macro (du grec " makros ") indique une chose grande ou longue comme la recherche sur nos origines. Podidés par contre, on ne se reconnaît pas trop, car des idées on en a plein. Ils ont également un pied très long (pour enjamber le Rhin, c'est pratique !) et le quatrième orteil porte une griffe très puissante. Avez-vous déjà essayé de décrocher un membre de l'ANEG de ses recherches ? C'est impossible. Un peu tiré par les cheveux ?

Alors, rabattons-nous sur le mot marsupial. Le marsupial est un animal qui a une poche pour abriter son bébé.

La poche, cela on connaît : " C'est pas dans la poche " pour dire qu'une recherche a du mal à se conclure, qu'elle est ardue ; " Connaître comme sa poche " montre que l'on connaît très bien nos dossiers ; " Faire les poches " prendre ce qu'il y a de caché chez celui qui connaît des secrets de famille ou faire l'inventaire de ses papiers familiaux ; " Payer de sa poche " mais là mieux vaut ne pas trop compter ce que nous coûte financièrement la quête de nos origines ; " N'avoir pas les yeux dans sa poche ", il n'y a qu'à regarder nos frères et surs quand ils visitent un centre d'archives susceptibles de leur révéler une piste.

L'Aneg n'est-elle pas aussi une poche protectrice pour tous les émois de nos âmes ?

Et surtout, malgré les lourds silences familiaux ou du voisinage, malgré les blocages, les embûches, nous avons tous sauté le pas, comme le kangourou, pour casser ces murailles du secret qui nous opprime. Et le kangourou ne saute pas seulement. À son grand regret, il se mange aussi. Mais cela, on en parlera à la fin.


Photo (1) : Jehan Sauval-Schmutzler

Donc de secrets, Fabrice Virgili est venu en parler aux 40 personnes présentes, dont 27 de l'ANEG, en présentant son dernier livre " Naître ennemi ", à la FNAC de Rouen, le samedi 23 janvier 2010, dans l'après-midi.


Photos (3) : Pierre Mailait

Juste avant, votre modeste serviteur lui avait fait les honneurs, ainsi qu'à sa charmante épouse, d'une trop rapide visite du centre de Rouen (Palais de justice, aître Saint-Maclou jusqu'au bûcher où Jeanne d'Arc a eu bien chaud, en passant par le Gros-Horloge vérifier l'heure de sa montre, pas les minutes).


Aître Saint-Maclou - Photo (1) : Pierre Mailait

FABRICE VIRGILI est chargé de recherches au sein de l'UMR 8138-IRICE (Identités, relations internationales et civilisations de l'Europe), à Paris1-Panthéon-Sorbonne. Ses recherches portent sur l'effet des guerres mondiales sur les relations entre les hommes et les femmes (identités de genre et guerre au XXe siècle ; guerre et sexualité ; frontières, affrontements et intimité ; enfants nés de couples franco-allemands ou vice versa pendant la seconde guerre mondiale ; guerres, violences et sociétés). Les femmes tondues, Fabrice Virgili pourrait en parler pendant des heures. C'est un chercheur passionnant, très sympathique et fécond. Pour ceux qui ont internet, je vous invite à consulter le site " irice.cnrs.fr/spip.php?article21 ".

"NAITRE ENNEMI" parle des dizaines de milliers d'enfants nés en France de pères soldats allemands ou prisonniers de guerre ou en Allemagne de pères français prisonniers, puis soldats de la zone française d'occupation.. Des enfants nés " ennemis ", bien que nés de l'amour après le silence des armes, qui recherchent leurs origines biologiques et essaient de renouer des liens familiaux de chaque côté du Rhin. Ce livre montre l'inanité des guerres, dénonce la cruauté de ceux qui font passer la rigidité de leur esprit dressé grâce à un emprisonnement de l'âme par des décennies de propagande habillant un drapeau à la place de sentiments humanistes qu'un cur sain devrait libérer à flots, mais surtout la souffrance de ces générations d'enfants, victimes innocentes de la bêtise et de la méchanceté des adultes.

Photos (8) : Jehan Sauval-Schmutzler

Mais la grande famille de l'ANEG n'a pas pour habitude de rester longtemps dans le gémissement. Une grande table, au restaurant " Le marégraphe ", en bord de Seine, sur les quais de Rouen, nous attendait en soirée. Vingt neuf amies et amis ont largement profité du prétexte d'une dédicace de l'auteur, présent avec son épouse, pour partager un bon moment de convivialité comme nous les aimons tant. La soirée fut longue et chaleureuse.

Et devinez ce qu'il y avait au menu comme plat principal ?
DU KANGOUROU !
Comme un vrai bifteck, mais très exotique et original.
J'en saute encore de joie. Les ami(e)s aussi.
Vive l'Australie.


Dominique SAMSON


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"VIE DE L'AMICALE
Was sich so alles tut..."