Chers adhérents,
veuillez lire ci-dessous l'intégralité de l'article de l'A F P du 20/02/2009
en provenance de BERLIN
et reçu au siège de l'Amicale Nationale des Enfants de la Guerre le 20/02/2009.





Allemagne-France-Histoire-guerre, PREV

Après 60 ans dans l'ombre,
l'Allemagne reconnaît les "enfants de la guerre"

(PAPIER GENERAL)
Par François BECKER


BERLIN, 19 fév 2009 (AFP) - L'Allemagne a reconnu "le sort difficile" des "enfants de la guerre", nés sous l'Occupation d'une mère française et d'un père soldat allemand, et est disposée à leur accorder sa nationalité, après plus de 60 ans passés dans l'ombre de l'Histoire.

L'histoire de ces enfants, souvent traités de "bâtards de Boches", de "parasites" ou de "têtes au carré", est restée depuis la Seconde guerre mondiale entourée d'un épais silence des deux côtés du Rhin.

Un porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur a reconnu jeudi "le sort difficile des enfants de guerre français" et indiqué que Berlin était disposée à accorder sa nationalité à ceux d'entre eux qui le souhaitent, confirmant une information du quotidien Sueddeutsche Zeitung.

Le ministère allemand de l'Intérieur "viendra à la rencontre de ceux d'entre eux qui désirent obtenir la nationalité". Leurs demandes "seront examinées avec générosité, par exemple sans frais", mais rien ne sera automatique: ils devront se manifester "personnellement" auprès des représentations allemandes en France.

L'Allemagne utilisera "la marge de manoeuvre" qu'offrent ses lois pour traiter sans "bureaucratie" les demandes des anciens "enfants de la guerre", qui pourront obtenir la double nationalité.

La présidente de l'Association nationale des enfants de la guerre (ANEG), Jeanine Nivoix-Sevestre, a qualifié de "superbe" cette "reconnaissance" par l'Allemagne.

Parmi les 231 anciens enfants de la guerre membres de l'association, "ceux qui ont pu retrouver leur famille veulent obtenir la nationalité allemande" en plus de la nationalité française, a-t-elle dit à l'AFP, jointe en France depuis Berlin.

Cette reconnaissance par l'Allemagne est le fruit d'un travail "intensif" des diplomates allemands et français, a fait savoir le ministère allemand. Elle intervient après plus de 60 ans passés dans l'ombre.

Quelques 200.000 de ces enfants, aujourd'hui sexagénaires, sont nés en France pendant l'Occupation allemande, selon un livre d'un journaliste français, Jean-Paul Picaper et d'un écrivain allemand, Ludwig Norz.

La majorité a vu le jour dans l'ouest de la France, le long du Mur de l'Atlantique où les unités allemandes stationnaient plus longtemps qu'ailleurs.

En avril 2008, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait déploré à Berlin que les deux pays soient restés depuis la fin de la guerre "sourds à la détresse des dernières victimes innocentes d'un conflit qu'elles n'ont même pas connues".

Il avait appelé à "accorder une reconnaissance" à ces "enfants de guerre" français et "faire en sorte que personne en France et en Allemagne ne doive cacher ses origines sous prétexte qu'elles se trouvent de l'autre côté du Rhin".

"Tous ne veulent pas une double nationalité, la plupart demandent un geste symbolique", avait-il fait valoir.

Depuis, le Quai d'Orsay a "évoqué à plusieurs reprises (ce sujet) avec (les) partenaires allemands" et "les ministères concernés, en France et en Allemagne, travaillent à l'élaboration des instruments juridiques susceptibles d'apporter une réponse appropriée à cette question", a expliqué jeudi son porte-parole, Eric Chevallier.

fbe/fjb/bir





Retour - Zurück

"Sommaire"
"Inhalt"
                    
Retour - Zurück

"Sommaire Reconnaissance"
"Inhalt Anerkennung"